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mercredi 3 août 2011

FOOTBALL BURKINABE : Plus de 50 ans d’une riche histoire, petite histoire du football burkinabè


FOOTBALL BURKINABE : Plus de 50 ans d’une riche histoire
Depuis Libreville où il exerce ses talents d’entraîneur, Idrissa Malo Traoré dit "saboteur" a cependant de la ressource pour nous faire revivre l’histoire du football burkinabè, depuis ses premiers pas dans les années 1947. C’est un document enrichissant autant pour les acteurs du football que pour les historiens, que nous livre ici "Saboteur", dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina.


Origine
Le début du football voltaïque (burkinabè) remonte vers les années 1947, date de la première Coupe de l’AOF (Afrique occidentale française) remportée par l’US Gorée (2 buts à 1), face à la Jeanne d’Arc de Dakar (toutes deux du Sénégal). Neuf territoires formaient le même bloc géographique (Afrique occidentale française) en matière de football.
Ces territoires sont :
- La Côte-d’Ivoire ;
- Le Dahomey (Bénin) ;
- La Guinée Conakry ;
- La Haute-Volta (Burkina Faso) ;
- Le Sénégal ;
- Le Soudan français (Mali) ;
- La Mauritanie ;
- Le Niger ;
- Le Togo.

Signalons que le Togo n’a participé qu’aux cinq (05) dernières éditions. A l’époque, le football avait comme base la région de Bobo-Dioulasso parce que les grandes directions administratives et l’un des plus grands camps militaires de l’Afrique de l’Ouest (28e RIAOM) était implanté dans cette ville. C’est pourquoi, la ville de Bobo-Dioulasso constituait la région où se déroulait l’ensemble des grandes activités économiques et administratives. Bobo-Dioulasso, ville cosmopolite, regroupait à l’époque presque toutes les nationalités de l’Afrique de l’Ouest (commerçants, transporteurs, fonctionnaires des administrations publiques et judiciaires, travailleurs des secteurs privés, militaires provenant de toutes les colonies africaines, sans oublier les Français, etc.).
Les principaux clubs de Bobo-Dioulasso à cette époque étaient :
- L’Association sportive des fonctionnaires de Bobo-Dioulasso (ASFB) ;
- Le Racing club de Bobo-Dioulasso (RCB) ;
- La Renaissance club de Bobo-Dioulasso ;
- Bobo sport ;
- L’Association sportive de la régie Abidjan Niger (ASRAN) de Bobo-Dioulasso ;
- La Jeanne d’Arc de Bobo-Dioulasso ;
- Olympique club de Bobo-Dioulasso.

Sont venus après :
- Modèle Bobo-Dioulasso ;
- Foyer de Bobo-Dioulasso ;
- Jeunesse club de Bobo-Dioulasso ;
- l’Union sportive foyer réseau Abidjan Niger (USFRAN) de Bobo-Dioulasso ;
- etc.

Au niveau de la ville de Ouagadougou, les premiers clubs étaient :
- Jeanne d’Arc de Ouagadougou (JAO) ;
- L’Etoile filante de Ouagadougou (EFO) ;
- Cercle athlétique de Ouagadougou (CAO) ;
- Union sportive de Ouagadougou (USO) ;
- Alliance de Ouagadougou ;
- 1er Bataillon de Haute-Volta (1er BHV).

Sont venus s’ajouter :
- L’Association sportive de la régie Abidjan Niger (ASRAN) de Ouagadougou ;
- Le Football club de Ouagadougou (FCO) ;
- Le Santos FC de Ouagadougou ;
- etc.

Dans les régions, on pouvait retenir deux clubs : -Le Stade du Yatenga à Ouahigouya ; -Le Bouloumpoukou club de Koudougou.
Les dirigeants qui ont marqué leur temps sont :
- Maxime Ouédraogo, (JAO), 1er président de la Fédération voltaïque de football, ancien ministre du Travail et de la fonction publique ;
- Bobo Adrien Tapsoba, ancien président de la Fédération voltaïque de football, membre de la CAF, Secrétaire général du Premier ministère ;
- Daniel Ouezzin Coulibaly, (EFO) membre fondateur, 1er président du Conseil du gouvernement de Haute-Volta ;
- Oumar Koanda, (EFO) fondateur, commerçant ;
- Damien Bégnon Koné, (USO) membre fondateur, 1er président de l’Assemblée nationale de Haute-Volta ;
- Jean Pierre Yaméogo, (USO) fondateur, huissier à l’Assemblée nationale ;
- Georges Ilboudo, président fondateur du Comité des supporters de Haute-Volta, commerçant ;
- Me Ligan, président de la Ligue de football à Bobo-Dioulasso, huissier de justice ;
- Robert Emery, président de l’ASFB, directeur de la Caisse de prévoyance sociale de Haute-Volta ;
- Grebo, manager général de Bobo sports, commissaire central de Police de la ville de Bobo-Dioulasso ;
- Moussa Namogo, joueur, entraîneur, arbitre, président du RCB, cadre de banque ;
- Michel Tougouma, (EFO) dirigeant, ancien haut- commissaire aux sports et ministre de la Défense nationale ;
- Mamadou Simporé, (EFO) président, ancien ministre des Transports ;
- Idrissa Tiemtoré, Trésorier général de la Jeanne d’Arc de Ouagadougou, commerçant ;
- Jean Claude Barzon, président fondateur du Football club de Ouagadougou (FCO), membre de la Fédération voltaïque de football, entrepreneur en bâtiment ;
- Félix Tiemtaraboum, président de la Fédération voltaïque de football, ancien ministre des Affaires étrangères, de la Jeunesse et des sports ;
- Nabéré Honoré Traoré, président de la Fédération burkinabè de football, chef de corps au sein des Forces armées du Burkina ;
- Théodore Zambendé, président de la Fédération burkinabè de football, DG de la Loterie nationale du Burkina (LONAB).

Les premiers entraineurs nationaux sont :
Issiaka Tanly, Martin Kaboré et Seydou Bamba, ont été les pionniers dans le domaine de l’encadrement technique de notre équipe nationale de Haute-Volta .
Les premiers arbitres nationaux sont :
Naon Charles Somé, Tahirou Ouattara , Yardia Thiombiano, Guy Léopold Anean, ont été les dignes ambassadeurs de notre pays au plan africain.
Les premiers professionnels de la Haute-Volta sont :
- Barrou Keita dit Barrou Ba a évolué à l’OCG Nice (L1) Française ; - Mamadou Sissoko, Olympique de Marseille ( L1) Française. Tous ces deux joueurs étaient de la Renaissance club de Bobo-Dioulasso avant leur départ pour la France.
Les infrastructures sportives pendant la colonisation
Les infrastructures sportives étaient quasi inexistantes. Les deux stades municipaux (Bobo-Dioulasso et Ouagadougou) ne répondaient pas aux normes internationales.
Les stages de formation à cette époque étaient rares.
Performances enregistrées par territoire avant les indépendances
Sur 13 éditions de la Coupe de l’AOF, voici le classement par ordre de mérite :
- Sénégal : 10 finales dont 8 victoires ;
- Soudan français (Mali) : 4 finales dont 2 victoires ;
- Guinée Conakry : 3 finales dont 1 victoire ;
- Côte-d’Ivoire : 2 finales dont 1 victoire ;
- Togo : 2 finales dont 1 victoire ;
- Dahomey (Bénin) : 1 finale perdue ;
- Haute-Volta (Burkina Faso) : 1 demi-finale (ASFB).
- Niger : huitième de finale ;
- Mauritanie : néant Il faut souligner que la dernière édition de la Coupe de l’AOF a été remportée par l’Etoile filante de Lomé contre la Jeanne d’Arc de Bamako (actuel Stade malien) en 1960.

Les principales coupes de l’époque :
- La Coupe nationale ;
- La Coupe Moro Naba ;
- La Coupe Citec huilerie ;
- La Coupe RAN ;
- La Coupe Chambre de commerce ;
- La Coupe Sovoper ;
- La Coupe Sangawili

Le parcours le plus élevé en clubs :
a) Avant les indépendances : 1958-59 : ASFB (demi- finaliste).
b) Après les indépendances :
- 1978 : Kadiogo FC de Ouagadougou (demi- finaliste) ;
- 1979 : Kadiogo FC de Ouagadougou (demi-finaliste).

Le parcours le plus élevé en équipe nationale :
- 1998 : Seniors (demi- finaliste à la CAN) ; - 1999 : Cadets (finale perdue à la CAN) ; - 2001 : Cadets (3e à la Coupe du monde) ;
Coupe d’Afrique militaire : Le Burkina a été champion d’Afrique militaire en 1993 à Ouagadougou (BF) et en 2009 à Conakry (Guinée) ;
Coupe du monde militaire : Le Burkina a été demi-finaliste en 1997 en Iran (après avoir perdu contre la France en match de classement par (3 buts à 2).
Les joueurs actuels :
Notre pays dispose aujourd’hui de bons éléments professionnels à travers l’Europe, l’Afrique et ailleurs. Ces jeunes doivent toujours soigner leur hygiène de vie afin d’être toujours performants dans les compétitions de haut niveau.
Encadreurs techniques actuels
Nous disposons à l’heure actuelle de bons cadres techniques capables de manager nos différentes équipes nationales de football ainsi que nos clubs de division d’élite.
Les arbitres actuels
Trois arbitres ont été les meilleurs sifflets africains de leur génération. Il s’agit de :
- Yacouba Ouédraogo ;
- Lassina Paré ;
- Losseni Paré.

Conclusion
Au terme de notre contribution sur l’évolution de notre football, nous pensons que nos dirigeants peuvent toujours faire mieux à condition d’agir avec plus de rigueur et de professionnalisme. Cela suppose un renforcement qualitatif de nos différentes structures entre autres, les démembrements suivants :
- Une Direction technique forte, comprenant tous les meilleurs entraîneurs nationaux (qualifiés) et ayant fait leur preuve sur le terrain avec des clubs pendant plusieurs années ;
- Des Conseillers techniques régionaux (CTR) répondant aux mêmes critères de choix (qualifications et expériences sur le terrain) ; - Imposer des cahiers de charge à toutes les équipes souhaitant évoluer en première division (capacité à disposer de ressources financières suffisantes, de toutes les petites catégories et de formateurs qualifiés, afin que les jeunes se familiarisent avec la haute compétition) ;
- Dans le cadre de la politique du développement de notre football, l’Etat peut faire en sorte que les clubs puissent disposer de sponsors. Afin de mieux gérer les fonds , l’Etat peut affecter auprès des clubs, un administrateur délégué qui suivra la régularité des dépenses.
- Enfin dans le domaine des infrastructures sportives, notre fédération doit faire un effort afin d’éviter de programmer des rencontres officielles sur des terrains impraticables (aire de jeu accidenté provoquant des blessures à répétition, et occasionnant une mauvaise qualité de jeu chez nos footballeurs).


Par Idrissa Malo TRAORE Ancien joueur de l’équipe nationale de football de Haute-Volta Instructeur FIFA/CAF Directeur de l’Ecole de football d’Owendo - Libreville – Gabon E-mail : tidrissa2002@yahoo.fr
Le Pays

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