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SPORT AU PLURIEL

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mercredi 27 avril 2011

Illy Ibrahim champion d’Afrique cadets : « Je suis monté en puissance »

Le centre de formation Kada School International était représenté dans l’équipe nationale cadette du Burkina Faso championne d’Afrique avec cinq joueurs. Ibrahim Illy pensionnaire de centre et joueurs des Etalons cadets parle de la CAN, son entrée à Kada School International. Pour le mondial cadet 2011 prévu au Mexique, il espère faire mieux que la génération de 2001 troisième à Trinadad et Tobago lors de la coupe du monde cette catégorie.



Illy Ibrahim Etalon cadet


Quel souvenir gardes-tu de ce jour où vous avez remporté la Coupe d’Afrique des Nation cadets au Rwanda ?

Ce jour où nous avons soulevé le trophée, j’avoue que c’était une grande joie, parce que c’était la première fois que le Burkina Faso remportait une coupe d’Afrique en football. Vraiment, C’était la joie. Il y’avait l’ambiance durant toute la nuit. C’est un jour inoubliable pour moi.

Une finale de coupe d’Afrique est un rêve pour tout footballeur africain. Alors comment as-tu vécu cette finale ?

Au début du match, ce n’était pas facile. Vers la 30 ème minute, j’avais écopé d’un carton jaune. Le coach m’a appelé et il a essayé de me calmer parce que le dossard 10 rwandais était bon balle au pied. Comme j’étais chargé de l’attaqué, il me fallait jouer avec sérénité. Ce que j’ai essayé de faire pendant tout le match pour être à la hauteur de cette finale.
 
Des progrès

Le début avec les Etalons n’a pas été facile pour toi parce que tu as perdu ta place de titulaire entre temps. Il fallu te battre pour retrouver une place de titulaire…

Effectivement, ce n’était pas facile. Au match aller en Afrique du Sud (perdu 4#2), j’ai joué en tant que titulaire. Mais au match retour, c’était un peu compliqué pour moi. Nous avions fait un mauvais match à l’aller. L’entraineur a voulu réaménager le groupe. Donc j’ai perdu ma place pour le match retour. J’étais quand même dans le groupe. J’ai réussi le test de l’IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) à Dakar au Sénégal et je me suis dis tant que je suis dans le groupe, il suffit que je me batte et j’aurai ma place de titulaire. J’ai toujours été dans le groupe jusqu’à la CAN au Rwanda. J’ai raté le match d’ouverture contre le Rwanda (Ndlr perdu 2 #1). Le coach m’a fait rentrer à la 21ème minute lors du deuxième match contre le Sénégal. J’ai prouvé que j’étais en forme. Contre l’Egypte pour le troisième match, j’ai été aligné en tant que titulaire. Depuis lors, le coach m’a fait confiance pour le reste de la compétition. Je suis monté en puissance au fil des matches.

En parlant de test IRM, beaucoup de joueurs en ont peur. C’était le cas de Ibrahim Illy ?

En tous cas, ce n’était pas facile. Nous sommes arrivés là bas le 24 décembre, la veille de Noël. C’est le jour de Noël que nous avons fait le test de l’IRM. J’avais confiance en moi-même parce que je savais que je n’avais pas triché. Dieu merci, ça s’est bien passé. Seulement nous n’étions pas contents parce que certains joueurs ont été recalés après le test. C’était la déception dans le groupe. Mais nous venons d’apprendre qu’il y a eu des erreurs et certains joueurs qui avaient été recalés pendant la CAN ont été rappelés. Ce soir nous serons en regroupement et je pense qu’on aura l’occasion de se voir (Ndlr l’entretien a eu lieu le 22 février 2011).

De retour de Kigali après avoir remporté le trophée, vous saviez que vous alliez être accueilli. Quel a été votre sentiment quand vous avez vu la foule qui est sortie vous accueillir ?

(Silence)… Ha ! Depuis que je suis né, je n’ai jamais vu ce monde. Je profite de l’occasion pour leur dire merci. Vieux, jeunes enfants, je dis merci à tous ceux qui sont sortis nous soutenir pendant tout le trajet de l’aéroport au palais présidentiel. A Bobo Dioulasso, c’était pareil. Depuis l’entrée de la ville, les gens sont venus nous félicité, vraiment, ça m’a marqué. Je pense que ce sera mon plus beau souvenir.

Formé à Kada School International

On sait que Kada School, le centre de formation crée par Wilfried Sanou et Jonathan Pitroipa avait cinq joueurs présents à la CAN, en plus d’un autre joueur qui a été écarté du groupe pour blessure. Comment es tu arrivé dans ce centre qui est basé à Ouagadougou ?

Mon entrée au centre de formation Kada School, n’était pas facile. Je vous explique. Le test se passait dans toutes les villes du Burkina. De Ouahigouya à Bobo Dioulasso en passant par Koudougou. Moi je faisais partir du groupe de Bobo Dioulasso. On était 1017 joueurs à prendre part au test. C’est 17 joueurs qui ont été retenus. Si j’avais su qu’il y’avait 1017 joueurs inscrits et qu’on n’allait retenir 17 seulement, je n’aurai pas fait le test. Après les phases de présélections, l’acte final a eu lieu au Stade Municipal de Ouagadougou. J’étais dans le groupe de 30 joueurs retenus pour intégrer le centre. Après le test médical, ils ont retenus 17. J’étais parmi.

Actuellement, comment ça se passe pour toi ?

Oui ça se passe bien au centre. On ne se plaint pas, surtout avec nos deux coachs qui sont à nos côtés. Tout se passe bien. Quand on a des problèmes, le « Papa Pitroipa » (Ndlr il s’agit de Jean Baptiste Pitroipa le père de Jonathan Pitroipa) est à notre écoute

Est-ce que tu as eu des contacts avec des cubs d'autres pays pendant le tournoi ?

Oui, j’ai eu des contacts. Par exemple, il y a le responsable d’un club tunisien qui me suit. Nous échangeons par mail. Il m’a déjà appelé par téléphone pour prendre de mes nouvelles. Mais j’ai posé le problème au papa de Pitroipa, qui va suivre le dossier. Sinon, je suis là pour le moment.

La Can cadette est passée. Il reste le mondial qui aura lieu au mois de juin au Mexique. Quels seront les objectifs des Etalons cadets ?

Pour le mondial, nous comptons dépasser nos grands frères. Depuis le temps des Wilfried Sanou, Enock Conombo etc. qui s’étaient classés troisième devant l’Argentine de Lionel Messi, et Carlos Tevez, le Burkina Faso n’a plus réalisé cet exploit. Nous espérons faire mieux. Toute l’Afrique compte sur nous. C’est vrai nous ne sommes pas la seule nation africaine qui participe au mondial mais tous les regards seront braqués sur nous parce que le Burkina Faso est champion d’Afrique et nous devons faire honneur au continent.

Boukari Ouédraogo

mercredi 20 avril 2011

Judo: Sévérine Nébié, première championne d’Afrique en du Burkina

La judokate Sévérine Nébié vient de remporter la première médaille en or en judo pour le Burkina Faso. La Burkinabè a battu en finale dans la catégorie des moins de 63 kilogrammes la tenante du titre l’algérienne Saïdi Kahina


Après les Etalons cadets à la Can de leur catégorie au Rwanda en janvier 2011 et le maillot jaune des Etalons cycliste au tour du Cameroun, le Burkina Faso vient de remporter la médaille d’or aux championnats d’Afrique de judo au Sénégal grâce à Sévérine Nébié. En finale, la judokate burkinabè est venue à bout de la championne d’Afrique sortante l’algérienne Saïdi Kahina. Malgré une fin de combat difficile, Sévérine Nébié a réussi à tirer son épingle du jeu dans la catégorie des moins de 63 kilogrammes. Ce titre met l’athlète burkinabè en pole position pour obtenir le ticket qualificatif des jeux olympique de Londres (Angleterre) 2012. Cette médaille d’or continentale est une première pour le judo burkinabè. Ce titre est aussi la preuve du progrès de la jeune burkinabè depuis son entrée au centre de Petit Couronne dans le département de la Seine Maritime en France grâce à la bourse « Solidarité Olympique ». Le rêve de Sévérine Nébié vient de se réaliser, elle qui avait été troisième en 2009. Elle avait également raté les jeux Olympiques de 2008 pour une blessure. A 28 ans, elle tient là, une occasion de se racheter et pourquoi pas essayer de décrocher une médaille aux jeux olympiques de Londres. Avant ces échéances, Sévérine Nébié devra participer à plusieurs autres compétitions à Rio, São Paulo à Miami et surtout aux championnats du monde prévu au mois d’Août. Le titre de championne d’Afrique lui donnera plus de confiance pour la suite de la carrière.

lundi 11 avril 2011

Si les grands navigateurs portugais prirent la route du sud dans l’espoir de contourner l’Afrique, quelques siècles plus tard, un de leur compatriote, Paulo Duarte, à lui préférer embrasser les terres continentales, et apporter une dose de bonne espérance au pays des hommes intègres : le Burkina. Sur les terrains de jeu, les Etalons franchissent les obstacles au galop. A l’horizon, une participation à la CAN Orange 2012 au Gabon et en Guinée Equatoriale est déjà quasiment acquise. La seconde consécutive pour ce pays classé à la 40ème place du classement FIFA, et qui a fait un bond prodigieux de 70 places depuis l’arrivée de Paulo Duarte en 2007. Entretien avec celui que l’on surnomme le Mourinho africain.


Paulo Duarte


Paulo, depuis votre arrivée à la tête du Burkina, la sélection nationale n’a jamais été aussi brillante, quel est votre secret ?

Le secret, c’est le travail. Sauf que les choses plus complexes que cela, car tu peux bien travailler et ne pas avoir de bons résultats.
Mais il a quand même une explication à cette excellente passe que vous traversait avec le Burkina…
J’ai changé les règles. Quand je suis arrivé, rien n’existait. Tout le monde s’immisçait, le ministre des Sports comme le président de la Fédération. Au final, l’entraîneur ne faisait pas l’équipe. Les joueurs qui jouent en Europe exigent désormais de bonnes conditions. Et quand tu arrives en stage, que ta chambre est trop étroite ou alors qu’il n’y a pas de climatisation, tu ne peux pas être au haut niveau. J’ai discuté avec les dirigeants et j’ai changé tout cela. J’ai dit aux joueurs que c’est moi qui ferai l’équipe, et qu’à partir de ce moment-là, il y avait des règles et un état d’esprit.

Avez-vous été quand même subi une certaine ingérence dans votre travail ?

Dès mon premier stage, j’ai écarté quatre joueurs importants, certains qui étaient arrivés en retard et d’autres qui ne comprenaient pas les règles de vie. Ces joueurs étaient parmi les plus importants du pays, leur mise à l’écart fut une véritable bombe au Burkina et au sein du groupe. C’est une polémique qui a duré plus de 6 mois dans les médias. Mais ils ont compris qu’il avait quelqu’un qui commandait. Chacun a vu que je ne parlais pas pour parler. Je parle et je fais !

Ces mises à l’écart, était-ce aussi un moyen de créer de l’émulation au sein de l’effectif ?

Oui, ce fut le cas. Pour moi, il n’y a pas de grands joueurs ou des vedettes dans cette équipe, il doit seulement y avoir des jeunes qui veulent faire gagner leur équipe. Parfois, tu peux avoir des joueurs vedettes qui ne donnent pas l’exemple une fois sur le terrain. Ils gèrent leur effort ou se reposent sur leur statut, et cela n’est pas acceptable. C’est l’entraînement qui fait la différence. Et tous les joueurs ont compris ce message. Lors de cette mise à l’écart, j’ai joué avec des joueurs moyens et on a marqué quatre fois pendant une rencontre en Tunisie. Ce fut le début de l’aventure.

Le Burkina Faso est désormais 40ème au classement FIFA, les Etalons sont-ils plus respectés à l’échelle continentale ?

On commence à ressentir du respect de la part de nos adversaires. A l’indice de la CAF, on est la cinquième ou la sixième nation. On est tête de série lors des tirages au sort pour les qualifications à la CAN. On évite donc des poids lourds comme la Tunisie ou la Côte d’Ivoire. C’est plus facile pour se qualifier.

Pouvez-vous espérer plus avec cette équipe ? Une qualification pour le Mondial serait-elle dans les cordes de vos Etalons ?

Oui, c’est possible. Et j’en rêve. La dernière fois, nous avions gagné 10 matches, et perdu les deux rencontres qu’il ne fallait pas face à la Côte d’Ivoire. A domicile, nous avions pourtant joué notre match, nous aurions pu gagner 5-2, mais nous avons perdu 2-3. L’adversaire était pourtant la meilleure équipe d’Afrique sur le plan des individualités. Mais certainement pas la plus forte collectivement, ce qui est en revanche notre point fort. Je crois que nous sommes capables aujourd’hui de disputer une place pour une qualification au Mondial.

La CAN Orange 2012 pourrait être une excellente préparation…

Oui, c’est certain. Je pense que si on va à la CAN 2012, on fera une CAN très différente de celle que nous avons joué en Angola, car nous sommes déjà meilleurs, plus expérimentées. Et les joueurs commencent à être de plus en plus titulaires dans leur club. Notre équipe est en phase ascendante alors que d’autres sont en régression. L’Egypte est vieillissante, le Nigeria est irrégulier, le Cameroun aussi. Certains n’ont pas renouvelé leur effectif. Alors que nous avons une équipe avec 26 ans de moyenne d’âge, et des perspectives avec eux sur 5 ou 6 ans.

« Je ne suis pas Mourinho. Je suis Paulo Duarte »

Vous avez travaillé avec Mourinho (à l’Uniao Leiria), vous avez entraîné au Portugal en première division, Comment êtes-vous finalement arrivé en Afrique ?

Quand j’étais à l’Uniao Leiria, nous avions recruté un joueur qui s’appelle Ousseni Zongo, qui est actuellement encore au Portugal. Son agent et un représentant de la Fédération burkinabè l’ont accompagné pendant une semaine au club, ils ont vu ma manière de travailler, et après une conversation, ils m’ont proposé le Burkina. J’ai d’abord dit non, et puis j’ai réfléchi car c’est une sélection nationale et non pas un club. C’est donc plus intéressant au niveau de la visibilité.

Au point que vous êtes désormais surnommés le Mourinho d’Afrique. Avez-vous envie de prendre une sélection plus forte ?

Le Burkina est un pays qui aime le foot et qui joue bien mais son impact médiatique n’est pas fort. Je sais qu’un jour ça viendra, tranquillement. Je me fais un nom dans le football africain. J’ai eu des opportunités pendant la dernière CAN, le Mali m’a contacté cinq heures avant mon match face au Ghana. Ce que je sais, c’est qu’un jour j’irai ailleurs, et que cela passe aussi par des bons résultats avec le Burkina. Quant à mon surnom… On dit que je suis le Mourinho d’Afrique mais je ne suis pas Mourinho. Je suis Paulo Duarte. Mourinho, il est 1000 fois meilleur que moi. Je veux mon espace. Je suis un jeune de 40 ans. Il me reste encore 20 ans pour faire carrière. Je veux rester tranquille.

Votre nom avait circulé pour le poste de sélectionneur en Angola après la CAN. Pourquoi l’affaire n’a-t-elle pas abouti ?

Trop d’hésitations. On avait négocié mon contrat pendant un mois. J’étais le deuxième choix et, quand j’ai discuté avec les dirigeants, le nom de Laszlo Bölöni avait aussi surgi comme troisième option. On s’est mis d’accord sur le salaire, les primes de match, les objectifs mais jamais on ne s’est posés à une table pour signer. Le jour où on m’a appelé pour le faire, les conditions avaient changé alors j’ai dit non.

Comment gérez-vous votre vie entre le Burkina et votre famille au Portugal ?

Je partage mon temps entre les deux. 15 jours en Afrique, et le reste au Portugal. Je me suis adapté à l’Afrique, j’aime ce continent. Quand je suis au Portugal, il n’y a pas de souci, car on est bien organisé, et on connaît les réalités de notre groupe. J’ai donné la préférence à une sélection nationale, car je peux aussi gérer ma vie familiale.

Charles Kaboré, un des joueurs clés de la sélection des Etalons est très polyvalent avec l’OM. Il joue milieu défensif, relayeur ou même latéral droit. Comment l’utilisez-vous ?

Charles Kaboré n’est ni un 6, ni un latéral. C’est un milieu relayeur, un joueur qui aime courir, aller de l’avant et harceler son adversaire. C’est un joueur d’axe.

Vous êtes le dernier entraîneur portugais en date de la Ligue 1, avec Le Mans. Quel souvenir gardez-vous de cette première partie de saison 2009-2010 ?

J’avais toutes les conditions pour avoir du succès, mais il m’a manqué une chose fondamentale dans le football : la chance. On a tapé 14 fois les poteaux en 14 journées ! Il a peut être manqué aussi de faire venir des joueurs. On avait perdu quatre éléments majeurs : Yohann Pelé, Gervinho, Mathieu Coutadeur et Paulo André. On a juste fait venir João Paulo. Le Mans était peut être le seul club du monde à ne pas s’être renforcé en 2009-2010. Il nous manquait au moins quatre joueurs. La priorité pour le club était de financer le stade. Mais malgré tout cela, on jouait bien. On avait une qualité de jeu mais on ne marquait pas assez de points.